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21 mars 2017

Les grands tricheurs du marathon!

La semaine dernière, la révélation de la tricherie d’une bloggeuse en vue sur un semi-marathon aux Etats-Unis a remis en lumière l’épineux problème de la tricherie dans les courses. Appât du gain, souci de briller en société, simple bêtise et vanité mal placée, voici une petite rétrospective des grandes triches qui ont émaillé la course à pied. Un inventaire de ceux qui n’auraient jamais dû sortir de l’anonymat!

La semaine passée, le web se faisait largement l’écho d’une très malheureuse et finalement assez ridicule affaire : la blogueuse américaine Jane Seo, notamment connue pour délivrer ses conseils de nutrition et de pratique sportive sur le célèbre site Huffington Post, s’était classée deuxième du semi-marathon de Fort Lauderdale, en Floride, dans le joli chrono de 1h 21.

Jane Seo, ou quand le paraître de la blogueuse prend le pas de l'être de la sportive... (crédit marathoninvestigation)

Jane Seo, ou quand le paraître de la blogueuse prend le pas de l’être de la sportive… (crédit marathoninvestigation)

Certains étaient sceptiques face à la performance de cette « runneuse » girly mais pas franchement rapide. On vérifia. Ironie du sort, c’est le bracelet connecté de la blogueuse branchée qui allait finalement la confondre : elle n’avait pas réalisé le parcours en entier et sa moyenne horaire indiquait clairement une accélération peu compatible avec la physiologie… Devant ces preuves, Jane dût piteusement se rendre à l’évidence et s’excuser sur Twitter.

 

 

Si l’on pourrait épiloguer davantage sur cette affaire, que l’on pourrait considérer comme révélatrice de la course à l’image entretenue par certains pros des réseaux sociaux, qui n’hésitent pas à gonfler leurs performances pour quelques « like » de plus ou pour s’attirer quelques commentaires élogieux, cette histoire nous rappelle aussi que le marathon fut le théâtre de nombreuses tricheries lamentables au fil des ans.

Dès les débuts !

Dans notre premier Podcast, nous revenions sur le tout premier marathon de l’histoire, celui des Jeux Olympiques d’Athènes en 1896. Ce fut aussi, tristement, le lieu de la première gruge du marathon : le jeune grec Spyridon Belokas, arrivé en 3e position, fut déclassé après que son poursuivant, le hongrois Kellner se soit plaint de l’avoir vu grimper dans une charrette. Il avait ainsi parcouru près de la moitié du parcours!

En 1972, un "plaisantin" franchit en tête la ligne d'arrivée du marathon olympique et vole la vedette au vrai vanqueur, Franck Shorter. Norbert Sudhaus s'est glissé sur le parcours à 1 km de l'arrivée... (photo DR)

En 1972, un « plaisantin » franchit en tête la ligne d’arrivée du marathon olympique et vole la vedette au vrai vainqueur, Franck Shorter. Norbert Sudhaus s’est glissé sur le parcours à 1 km de l’arrivée… (photo DR)

Malheureusement, jusqu’à notre blogueuse, il eût bien des successeurs. Moins que l’autre Spiridon (Louys, le vainqueur de ce premier marathon), mais tout de même: en 1904, Fred Lorz semble ainsi remporter le titre olympique à Saint Louis, aux Etats-Unis. Sur un parcours difficile et une forte chaleur, seuls 14 participants boucleront les 40 kilomètres que comptaient le parcours (la distance de 42,195 kms n’était pas encore en vigueur).

La fraîcheur et l’avance de Lorz étonnent. Son dauphin, américain également, Thomas Hicks, se présente quelques longues minutes plus tard, très marqué par l’effort. Son temps : 3h 28′ (le plus lent de l’histoire olympique). Lorz est fêté en héros.

Mais pas pour longtemps : l’automobiliste qui l’avait pris en pitié et ramené vers le stade olympique au 14e kilomètre, où Lorz, pris de crampes et fatigué, avait jeté l’éponge, le dénonce : « Il ne peut avoir gagné, je l’ai conduit sur près de 25 kilomètres en voiture! ». Il est immédiatement confondu et disqualifié.

Le Marathon des JO de 1904 fut une course curieuse... (photo DR)

Le Marathon des JO de 1904 fut une course curieuse… (photo DR)

Rosie Ruiz, la plus célèbre…

D’autres tricheurs célèbres émailleront l’histoire du marathon. La plus célèbre est sans doute Rosie Ruiz, fausse gagnante du marathon de Boston en 1980. A la surprise générale, cette marathonienne au record de 2h56′ s’impose ainsi sur la plus prestigieuse des courses de l’époque devant la favorite Jacqueline Gareau, la montréalaise. Ruiz améliore son record de 20 minutes!

Mais le malaise grandit vite : outre la plainte de Gareau, qui dit ne l’avoir jamais vue sur le parcours, de nombreux doutes circulent. Le vainqueur masculin, Bill Rodgers, qui doit poser à ses côtés, s’étonne aussi de ce physique qui présente des rondeurs peu compatibles avec un tel chrono… Le pot au rose est vite découvert : Rosie Ruiz est gentiment restée à son hôtel, puis s’est introduite dans le peloton à quelques kilomètres de l’arrivée. Plusieurs témoins la dénonce et la vérité est rétablie. Elle est disqualifiée.

Il semble d’ailleurs que Ruiz ait involontairement triomphé : elle souhaitait juste au départ tricher pour terminer dans un temps honorable mais a mal calculé son coup! Car son précédent 2h 56 à New York semble finalement tout aussi sujet à caution : elle aurait pris le métro! Elle n’avouera jamais.

Quelques mythomanes…

Certaines figures de tricheurs peuvent ainsi sans doute être assimilées à des mythomanes. C’est d’ailleurs souvent dans les catégories d’âges ou chez les filles qu’elles se rencontrent : il est plus facile de se fondre dans le peloton qu’en tête de course. L’arrivée des puces a pu dissuader la plupart des tricheries de ce type sur les grandes épreuves, mais certains tentent le pire quand même : on se souvient ainsi d’un marathonien vétéran, parfaitement inconnu, prendre une place d’honneur en 2h16′ sur un marathon de Paris à la fin des années 90. Là encore, avec l’aide du métro.

Champion de France de la fraude sportive!

Dans les mêmes années, un certain Jacky M. sévit quelques années en Bretagne. Ce gendarme à la retraite enchaîne les performances, se classe dans le top 10 du célèbre 100 kms de Cléder. Il remporte même  le titre de champion de France de semi-marathon dans sa catégorie d’âge. Une sacrée performance qui lui vaut plusieurs pages sur un magazine spécialisé. Mais sur les photos, son physique et sa foulée détonnent par rapport aux normes de ce type de performers. Les organisateurs de Cléder décident de le pister sur sa participation suivante et découvrent le pot-aux-roses : repérant précisément le parcours, il laissait sa voiture dans un endroit discret, effectuait un grand nombre de kilomètres en voiture, déguisé, avant de repérer un autre bosquet pour reprendre la course… Son stratagème fut découvert après plusieurs années de triches répétées!

D’autres tricheurs sont sans doute moins attirés par la gloire que par l’argent : le français Saïd Dogga fut ainsi plusieurs fois convaincu de tricherie sur des marathons où ce piteux chasseur de primes coupait le parcours et effectuait des portions à vélo… pour espérer recevoir la prime et les honneurs du podium!

Comme le montre cette vidéo, un certain nombre de tricheurs et mystificateurs dans l’histoire du marathon se recrute dans les rangs politiques, comme ce candidat américain qui s’attribuait un temps de 2h50 alors qu’il avait couru en… un peu plus de 4 heures! 

Des tricheurs pour la prime!

L’histoire la plus ridicule et la plus amusante reste enfin celle du duo Bensalem/ Tehami sur le marathon de Bruxelles en 1991 : le premier, petit gabarit moustachu, prit le départ. Il tint une petite vingtaine de kilomètres avant de décrocher… Mais à l’arrivée, c’est bien son dossard qui remporte l’épreuve après un final époustouflant. Chose curieuse, le vainqueur a pris 20 cm et perdu sa moustache entre le départ et l’arrivée! La supercherie (l’entraîneur était parti à la place de son poulain avant de lui passer le relais juste avant la mi-course!) ne tint pas bien longtemps… et les deux tricheurs furent vite déboutés.

Curieusement, si ces histoires bêtes et navrantes viennent régulièrement troubler l’actualité de la course à pied, cette tricherie est peu sanctionnée. Aucune suspension prévue pour les fautifs, bien souvent. On peut s’en étonner, car c’est au moins aussi immoral que le dopage, avec beaucoup moins de risques et d’efforts de la part des contrevenants !

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