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180 foulées minute

24 novembre 2016

180 foulées minute, le rythme magique ?

On entend de plus en plus souvent qu’un rythme de 180 foulées par minute serait la façon la plus efficace et la plus juste de courir, quelque soit votre vitesse. Nous avons creusé au-delà de cette affirmation technique.

D’où cela vient-il?

Lors de mes années d’entrainement athlétique, je n’avais jamais entendu parler de cette désormais fameuse « cadence idéale ». Ce n’était pas ce qui préoccuper les entraîneurs et les techniciens de l’époque. On parlait bien entendu des problèmes de fréquence de foulées et de l’amplitude, puisque c’est bien la conjonction des deux qui détermine la vitesse du coureur, leur juste conjonction étant déterminante dans l’économie de course et l’efficacité du coureur.
Ce fameux  » 180 par minutes », c’est à dire environ 3 foulées par seconde, serait apparu en 1984 lorsqu’un entraîneur américain aurait observé, lors des J.O de Los Angeles, que la plupart des athlètes d’élite adoptaient une cadence très proche de ce chiffre. Il en a donc conclu que c’était le rythme idéal.
Néanmoins, avant la vague du minimalisme et d’autres méthode visant à améliorer la technique des coureurs amateurs en leur indiquant des façons de courir très normées, on en entendait très peu parler.
Le courant minimaliste a ainsi invité ses adeptes à adopter une « foulée naturelle » mais curieusement calibrée, et insistait sur l’importance d’une fréquence élevée et d’une foulée plutôt courte.

180 foulées minute

180 foulées minute, un rythme à adopter même à faible allure ?
Photo : S.Marta

Cela se comprend d’ailleurs avec le souci de limiter les chocs en utilisant ce type de matériel. Il faut réduire la foulée et « trottiner », en adoptant donc une fréquence assez rapide, de l’ordre de 180 foulées par minutes.
Le Chi Running préconise également cette cadence. Il va même jusqu’à expliquer que le coureur devra l’observer tout le temps, aussi bien à faible allure qu’à allure plus rapide. L’accélération ne sera alors supportée que par l’accroissement de l’amplitude de la foulée.

Mythe ou réalité ?

On a ainsi beaucoup plus entendu parler de cette fréquence magique ces dernières années. Certains se sont même vus courir avec un métronome pour adopter le bon rythme. Quand on y réfléchit, c’est assez curieux de constater qu’adopter la fameuse  » foulée naturelle » prônée par ces méthodes demande tant d’apprentissage! Néanmoins, le rythme de 180 foulées par minute semblerait présenter un excellent équilibre et garantir d’utiliser au mieux les qualités élastiques des tendons et des articulations, selon ses partisans.

Si rien ne semble avoir était démontré scientifiquement dans ce sens, de nombreuses observations semblent toutefois étayer cette théorie. De même, certains athlètes ont affirmé que courir en écoutant une musique dont le beat est de 180 par minute les avait grandement aidé pour leurs tentatives de record.On peut donc penser que courir autour des 180 foulées minutes est efficace, économique et présente un bon rendement musculaire et tendineux.

Ce n’est pas un le nombre d’or!

Néanmoins, là encore, trop de rigorisme ne mène à rien. S’en tenir strictement à cette cadence n’est pas une panacée. De même, penser ne devoir jouer que sur l’amplitude pour accélérer est assez absurde. C’est ce que démontre bien l’article : http://scienceofrunning.com/2010/11/speed-stride-length-x-stride-frequency.html
où sont analysées les fréquences et les amplitudes des foulées des trois premiers coureurs du championnat du monde du 10 000 mètres en 2007 à Osaka.
L’auteur y analyse bien que Bekele, qui possède pendant la course la fréquence la plus faible, 186 foulées par minute (mais tout de même supérieure à 180, ce qui pour des athlètes de ce niveau à l’heure actuelle, semble assez commun à ces allures), sprinte dans le dernier tour et l’emporte en élevant cette fréquence jusqu’à 210 foulées minutes ! Son adversaire kenyan, 3e au final, plus véloce en cadence pendant la course mais à la foulée plus courte, tentera lui d’accélérer en augmentant son amplitude.

Cela révèle des caractéristiques personnelles qui font le « style » de chaque coureur. Ainsi, si votre fréquence est vraiment trop lente et que votre longueur de foulée semble exagérer, vous aurez tout intérêt à travailler spécifiquement pour augmenter votre cadence et sans doute raccourcir un peu votre foulée, en vous rapprochant de cette fameuse cadence de 180 foulées/minute.

Mais cela n’est pas une condition sine qua non d’efficacité. Pour chaque coureur correspondra sans doute une cadence légèrement différente. A vous de trouvez la votre, dans votre équilibre corporel propre!

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