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Hiromi Tanigushi (ici à Atlanta - Photo DR)

31 janvier 2017

Les grandes batailles du Marathon

Le Marathon est, pour certains, « un sport de combat ». Une lutte intérieure pour la plupart des marathoniens, une bataille contre les autres prétendants à la victoire pour l’élite. Flashback sur quelques duels et batailles qui ont marqués l’histoire de la discipline.

 

 

Si le marathon est une distance mythique, c’est sans doute parce que dès son apparition, aux temps « héroïques » où aborder en compétition de course à pied une distance pareille relevait de l’aventure, les images de luttes, de défaillances et de fins de courses épiques ont forgé sa légende.

Parmi ces courses marquantes, en voici cinq qui valent un retour en arrière sur la grande route du marathon :

Duel au soleil. Boston 1982.

Cette année là, le traditionnel marathon de Boston, organisé depuis 1897 le deuxième lundi d’Avril, est disputé sous une chaleur plutôt forte pour la saison : plus de 21 degrés. Un grand soleil inonde le parcours tout en bosses.

Le plateau est encore une fois très relevé : le tenant du titre Bill Rodgers, sur le déclin, ne peut longtemps se mêler à la lutte qui va opposer le grand favori Alberto Salazar à l’outsider Deack Beardsley. Les deux hommes vont se rendre coup pour coup pendant les 30 derniers kilomètres de la course. Aux accélérations de Beardsley, Salazar répond immanquablement. Il s’accroche ainsi à la foulée d’un athlète que l’on attendait pas forcément ce jour-là à un tel niveau (il avait certes réalisé 2h09 sur marathon et gagné à Londres en 1981, mais son record personnel sur 10 kms se situe à plus d’une minute de celui de Salazar, considéré comme le meilleur coureur de l’époque, qui était lui capable de courir le 10 000 m en 27’20 » et venait d’établir un record du monde en 2h08’13 » à New York).

Dans le dernier kilomètre, Salazar attaque franchement et parvient à décrocher son rival pendant quelques hectomètres, mais Beardsley, dans un ultime sursaut, revient à hauteur dans la dernière ligne droite. Finalement, c’est bien Alberto, supérieur en vitesse pure, qui va l’emporter. Le chrono, 2h08′ 51″ pour Salazar et deux secondes de plus pour son dauphin, est impressionnant au vu des conditions.
Des conditions qui  n’empêchèrent pas 156 coureurs de courir sous les 2h30 ce jour-là… dans la foulée d’un « duel au soleil » qui reste dans les annales.

 

Hiromi Taniguchi – Barcelone 1992.

Au départ du marathon des Jeux Olympiques de Barcelone, Hiromi Tanigushi se présente comme le favori logique de l’épreuve. L’année passée, à Tokyo, chez lui, il avait remporté le titre de champion du monde, dans une épreuve courue sous une très forte chaleur. On avait remarqué son visage extrêmement marqué, signe d’un effort absolu et d’une volonté surpassée.

A Barcelone, en cette fin de Jeux Olympiques, les conditions ne sont guère plus favorables à l’effort du marathonien : il fait chaud. Mais cela semble bien convenir au japonais, qui se contente de contrôler l’allure d’un groupe de tête encore bien dense sur les premiers kilomètres. C’est au ravitaillement du 20e kilomètre qu’un drame se produit : une bousculade, et voilà un athlète qui tombe, fait un roulé-boulé sur le bitume et perd une chaussure. Stupéfaction, la victime de cet incident de course n’est autre que le champion du monde en titre.

Tanigushi va mettre du temps à se relever, à reprendre ses esprits, à retrouver et relacer sa chaussure. Mais bien sûr, l’âme du samouraï est combative et il reprend la course. Une poursuite qu’il ne pourra mener victorieusement, il finira tout de même 8e, mais qui reste une des courses les plus courageuse de l’histoire du marathon.

Hiromi Tanigushi (ici à Atlanta - Photo DR)

Hiromi Tanigushi (ici à Atlanta – Photo DR)

 

Yuki Kawauchi – Tokyo 2011

Ce qu’il y a de bien avec les coureurs japonais, c’est que quand ils donnent tout dans l’effort, cela se voit. Les visages sont expressifs et le style ne possède pas forcément la fluidité des grands coureurs africains par exemple.

Ainsi, la course fantastique de Yuki Kawauchi en 2011 à Tokyo a marqué les esprits : c’est le début de la légende de ce coureur au parcours atypique au Japon, où les meilleurs coureurs universitaires sont repérés par les entreprises pour servir leurs teams d’athlètes professionnels et les équipes d’Ekiden et de marathon, très populaires.

Kawauchi, dont les débuts n’ont pas été si étincelants, n’est donc pas passé par ce système. Il est devenu fonctionnaires à la préfécture de Saitama, s’entraîne seul et s’inscrit aux courses par lui-même. Mais à partir de 2009, ses performances ont commencé à s’améliorer drastiquement : il enchaîne les courses et passe de 2h19 à 2h12 sur le marathon.

N’empêche, personne ne l’attendait à la 3e place du marathon de Tokyo en 2011 où il court un inespéré 2h08’33 ». Son effort, poussé à bout, reste un moment d’anthologie :

 

Le Marathon de New York.

L’épreuve qui croque la grosse pomme est mythique parmi la légende du marathon. Et ce n’est pas pour rien : outre l’ambiance, la magie de son parcours et son immense succès populaire qui ont fait basculer le marathon pour tous dans une autre dimension, New York fut aussi le lieu de grandes courses pour la victoire, avec des sprints échevelés, des batailles jusqu’à la limite de la fatigue pour conquérir une victoire plus que prestigieuse. Comme peut en témoigner cette vidéo des 5 plus belles arrivées du marathon de New York:

Martin Fiz et Abel Anton, championnats du monde, Athènes, 1997.

Lors de ces championnats du monde, disputés dans la chaleur grecque sur le parcours « originel » entre Marathon et le stade olympique de 1896 à Athènes, l’aspect tragique qui construit la légende était bien présent.

Dès les premiers kilomètres, l’équipe d’Espagne plaçait un homme à l’avant : Fabian Roncero, futur recordman d’Europe du semi. Il répondait à toutes les attaques pour mieux contrôler la course et permettre à ses deux coéquipiers, les grands favoris Abel Anton et Martin Fiz, de rester à l’abri jusqu’au semi-marathon. « Vas me chercher tous les noirs » lui avait explicitement dit l’entraîneur national…

Après le sacrifice de Roncero, le show pouvait commencer et Fiz, champion du monde sortant, petit gabarit très véloce et expressif dans l’effort, forçait l’allure dès le 22e kilomètre. Seul Abel Anton restait dans sa foulée. Plus néophyte, sa vitesse de base supérieure (il fut champion d’Europe du 10000 m en 1994 et possédait un finish terrible) semblait lui indiquer d’attendre l’emballage final.

Ce qu’il fit, avec un effet dramatique certain puisque Fiz, après avoir tout tenté pour décrocher son compatriote, devait finalement s’incliner pour quelques secondes, ne pouvant répondre à l’ultime accélération d’Anton. Une course entre le bluff et la vista qui restera dans toutes les mémoires.

 

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