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Ser Ot Bat Ochir à l'arrivée du marathon de Pékin en 2011. (photo DR)

7 mars 2017

Ser Ot Bat Ochir, le marathonien venu du froid

Si l’on naît marathonien, alors il ne fait pas bon naître en Mongolie. Les grands espaces des steppes se prêtent certes bien aux longues échappées, mais le climat condamne les ardeurs des coureurs pendant l’hiver, où la température stagne longtemps autour de -40 degrés. Pourtant, Bat Ochir a su grimper les échelons pour grimper jusqu’au haut-niveau international. Itinéraire d’un coureur venu du froid.

Ser Ot Bat Ochir à l'arrivée du marathon de Pékin en 2011. (photo DR)

Ser Ot Bat Ochir à l’arrivée du marathon de Pékin en 2011. (photo DR)

Le parcours et la progression de Ser Od Bat Ochir, le meilleur coureur que le royaume de Gengis Kahn ait jamais porté, a de quoi surprendre. En effet, à ses débuts dans la compétition, ce coureur originaire de la province de Gobi Altaï, n’est qu’un coureur de niveau relativement modeste.

De modestes débuts internationaux

Un niveau qui lui permet cependant de représenter son pays, la Mongolie donc, lors des compétitions internationales dès 2002. Il prend cette année là la 96e place du mondial de semi-marathon, en 1h09’54 ». L’année suivante, c’est sur marathon que débute sa longue carrière, avec un 2h26′ synonyme de 63e place aux mondiaux de Paris. Un niveau qui certes ferait rêver bien des coureurs mais qui reste très loin des standards internationaux. L’année suivante, Ser Od Bat Ochir prend part à ses premiers Jeux Olympiques et obtient un résultat du même ordre : 75 e sur le stade d’Athènes, en 2h33′.

 

 

On pourrait alors s’attendre à ce qu’il reste le représentant héroïque d’un pays dépourvu de toute tradition athlétique, où qui plus est les conditions d’entraînement sont plus que rigoureuses une bonne partie de l’année. Elles interdisent même quasiment toute pratique lorsque les mois d’hiver, le thermomètre reste accroupi à moins 40 degrés. Alors imaginez une pratique de haut-niveau dans ces conditions… impensable. Mais pas tout à fait pour ce coureur qui semble posséder une volonté peu commune et qui croit en ses qualités : il brave ainsi l’hiver mongol en courant avec quatre couches de vêtements sur lui, sur un sol gelé et glissant. Pas le mieux sans doute pour progresser, mais qu’importe, il poursuit sa progression.

Il brave ainsi l’hiver mongol en courant avec quatre couches de vêtements sur lui, sur un sol gelé et glissant ».

Une progression régulière

Ainsi, en 2005, il passe à 1h08′ au semi. Rien d’extraordinaire encore mais l’année suivante, il démontre au marathon de Pékin de nouvelles ambitions : 2h20′ sur marathon. En 2007, alors qu’il s’entraîne toujours dans le froid mongol, il claque un 2h16′ déjà significatif, même si il ne prend que la 75e place des championnats du monde. Sa notoriété commence à s’établir en Asie. L’année suivante, il prend ainsi la 7e place du championnat continental et abaisse son record à 2h14′. Une progression déjà très, très forte pour celui qui avait débuté avec un niveau qui permet tout juste de bien figurer sur un championnat national européen. Pour ses deuxièmes Jeux Olympique, il prend une honorable 52e place.

Ser Ot Bat Ochir aux JO de Londres (photo DR)

Ser Ot Bat Ochir aux JO de Londres (photo DR)

 

Entraînement à l’anglaise

Mais c’est à l’hiver 2009 que la carrière de cet étonnant marathonien prend un nouveau tournant : Bat Ochir doit interrompre son entraînement à cause du froid intense qui règne en Mongolie. Heureusement, il est maintenant une star sportive dans son pays et va connaître l’opportunité de sa vie en partant s’entraîner au Royaume-Unis. Il trouve en effet un accord avec un club local, à Gateshead, où réside sa belle-sœur, mariée à un sujet britannique. C’est là qu’il apprendra à s’entraîner davantage sur piste, chose qu’il n’a jamais pu réaliser auparavant.

Il profitera aussi des épreuves locales sur 10 kilomètres pour travailler sa vitesse, l’opposition régionale y étant bien plus forte qu’en Mongolie.

Et décidément, sa marge de progression reste forte : le nouveau sociétaire des Morpeth Harriers va prendre la 7e place de la Great North Run sur 10 kms (30’07 ») puis rentrer dans les 30 premiers des mondiaux de marathon à Berlin.

L’acclimatation à la vie anglaise, où il réside désormais une partie de l’année avec sa femme (ancienne sprinteuse qui fut à ses débuts son entraîneur!), et donc le confort de ce nouveau lieu de préparation, portent leurs fruits. « J’ai découvert en Angleterre la souplesse du sol des pistes synthétique. En Mongolie, il n’en existe tout simplement pas! Et ici le climat permet de s’entraîner toute l’année sans avoir à se couvrir de multiples épaisseurs. » expliquait il en 2013 à un journal local britannique.

J’ai découvert en Angleterre la souplesse du sol des pistes synthétique. En Mongolie, il n’en existe tout simplement pas! Et ici le climat permet de s’entraîner toute l’année sans avoir à se couvrir de multiples épaisseurs. »

Ses performances explosent : en 2010 il remporte le marathon de Brighton avant de claquer un 2h12′ à Berlin. L’année suivante, un nouveau palier est franchi avec une 9e place à Londres, sur l’un des marathons les plus relevés de la planète. 2h11’35 » au chrono.

Vers les podiums internationaux!

Mais ce n’est pas encore fini : après avoir porté pour la 3e fois les couleurs de la Mongolie aux Jeux Olympiques (où il ne peut faire mieux que 51e) toujours à Londres, il remporte en fin d’année un des plus prestigieux marathon du monde: victoire à Fukuoka, au Japon, en 2h 11′.

En 2013, c’est la consécration : il devient à Hong Kong champion d’Asie du marathon. Sa carrière se poursuit ensuite au Japon, un pays où le marathon est très développé et où Ser Od (que les anglais ont rebaptisé Zigy!) se fait rapidement une place malgré la densité des pelotons locaux au plus au niveau. En 2014, il abaisse ainsi encore ses records à 1h03′ 33 » sur semi et surtout en toute fin d’année il réalise 2h08’50 » pour prendre la 3e place du marathon de Fukuoka. Il prend également la 4e place du marathon des Jeux Asiatiques, remporté dans le trouble par un coureur kenyan tout juste naturalisé qatari pour l’occasion.

La progression du mongol va toutefois connaître un arrêt après cette dernière saison fabuleuse. Ser Ot Bat Ochir est désormais moins en vue même si il continue à courir, notamment au Japon. Mais de 1h09 à 1h 03, de 2h36 à 2h08 la progression de cet athlète venu d’un pays qui n’en a jamais abrité d’autres reste un incroyable exemple de ténacité et montre que les talents peuvent éclore là où on ne les attend pas!

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