Close

Latest Posts

Stay up to date with all our latest news and launches. Only the best quality makes it onto our blog!
Florence Griffith Joyner, toujours détentrice du record du monde du 100 m, depuis 1988. (phot DR)

18 avril 2017

Records du monde féminin : encore plus suspects ?

La kenyane Joyciline Jepkosgei a battu le 19 avril le record du monde du semi-marathon en 1h04’52 ». Une performance qui a déclenché plus de suspicions que de d’admiration. Un nouvelle fois, le très haut niveau féminin est encore plus suspecté que son homologue masculin en matière de dopage. Mais pourquoi ?

Une histoire teintée de doutes

Florence Griffith Joyner, toujours détentrice du record du monde du 100 m, depuis 1988. (phot DR)

Florence Griffith Joyner, toujours détentrice du record du monde du 100 m, depuis 1988. (phot DR)

L’histoire de l’athlétisme féminin est malheureusement encore plus marquée par le dopage et les triches que chez les hommes. La raison en est relativement simple et relève de la physiologie : il est plus facile de doper une femme qu’un homme, en lui faisant prendre notamment des hormones masculines. Viriliser une femme est plus facile que de surviriliser un homme.

Dès lors, les régimes totalitaires du bloc de l’est, qui avaient compris l’enjeu et le prestige des titres sportifs pour l’image de leurs nations, avaient tout à fait bien compris la situation. Leurs athlètes, qui étaient loin d’être mauvais chez les hommes, étaient dans les années 60 à 80 presque sans rivales chez femmes.

 

 

S’en suivirent une série de records fabuleux, dont certains tiennent encore, comme le 400 m de Marita Koch ou bien le lancer du disque de Gabriele Reinsh. On sait aujourd’hui que ces systèmes, notamment en Allemagne de l’est, relevait d’un dopage d’état et que les jeunes filles n’en étaient aucunement responsables. Cependant, le maintient de ces performances plus que douteuses sur les tablettes continuent de poser problème.

Retirer les records des années 80 ?

Un débat qui ne peut pas être clot si facilement car une bonne kyrielle d’autres records du monde féminins sont plus que sur la sellette : le 100 m et le 200 m de Florence Griffith Joyner, notamment. On se souvient du changement de physionomie extraordinaire et inquiétant survenu en deux ans, qui avaient vu cette bonne sprinteuse américaine (au pied du podium aux JO de 1984) devenir une athlète supersonique comme on en a pas vu depuis. Décédée très jeune, FloJo a emporté son secret dans la tombe.

Le fond et le demi-fond pas en reste…

Les records que nous venons d’évoquer proviennent certes plutôt de disciplines de vitesse et de forces, où la « masculinisation » est sans doute encore plus efficace et où les méthodes, sans doute rendues bien plus difficiles à masquer aujourd’hui par des contrôles plus efficaces, tournées vers les stéroïdes ont fait des « merveilles » …. Et aussi des désastres. Nombreuses sont les athlètes qui ont dû payer les conséquences sur leurs corps de ces procédés d’apprenti+sorciers.
Les courses plus longues semblent moins marquées par cette époque – glorieuse ou noire selon les points de vue des « wundermadchen » de l’est. Il faut dire qu’outre la prépondérance moins grande des anabolisants sur ces disciplines, leurs développement est plus récent chez les femmes. Le premier 3000 mètres olympique eut lieu en 1984, ainsi que le premier marathon féminin.
Pourtant, les records du demi-fond ne peuvent certainement pas échapper aux soupçons.
Ainsi, en 1993, une délégation de coureuses chinoises, alors presque inconnues, allait défrayer la chronique en explosant les records du monde alors détenu par des soviétiques. « L’armée de Ma », comme on surnomma ces athlètes qui s’entrainaient sous la férule de l’entraîneur Ma Junren, dont les méthodes semblaient peu ordinaires, allait tout exploser. Les performances les plus marquantes restèrent celles de Wang Junxia sur 3000 (8’06 ») et sur 10000m (29’31 »).

L’armée de Ma allait vite se déliter et peu d’observateurs ne crurent alors à l’honnêteté de ces performances. Seule Wang Junxia, qui avait ensuite émigré aux USA, continua quelques temps la compétition pour devenir ainsi la première championne olympique du 5000m en 1996.

Les récentes performances éthiopiennes et kenyanes, plus saines ?

Mais que dire alors des récentes performances éthiopiennes et kenyanes? Si l’on ne croit pas aux unes, pourquoi faire confiance aux autres.

En effet, les performances que nous évoquions, après être restées des météorites inapprochables pendant vingt ans, se sont vus largement dépassées ces deux dernières saisons.
L’ethiopienne Dibaba a tout d’abord dépoussiérer celui du 1500, détenue par la chinoise Qu Junxia, autre fleuron de l’armée de Ma. Ses records sur 3000 m en salle ont également de quoi impressionner. Plus fort encore, sa compatriote Almaz Ayana explose le record Wang Junxia sur 10000m, seule et pourtant dans la chaleur du stade olympique de Rio l’été dernier. Avec une facilité déconcertante, Ayana boucle la distance en 29’17 ».
On connaissait certes bien entendu de nombreuses éthiopiennes très performantes par le passé, mais cette génération semble avoir quelque chose de plus, alors même que chez les garçons les athlètes Éthiopiens semblent davantage marquer le pas.

Kenya / Ethiopie : une rivalité qui fait des miracles!

Mais la rivalité Kenya / Ethiopie ne pouvait sans doute en rester là et on a assisté en quelques semaines à un concert de performances hallucinant des athlètes femmes des hauts-plateaux.
Avec d’abord un record du monde du semi-marathon porté à 1h05’01 » par Peres Jepchirchir au semi-marathon​ de Ras El-Kahmai au début de l’année. Déjà très fort.
Puis cette nouvelle performance sensationnelle, venue cette fois d’une athlète à la progression expresse et encore plus sujette à caution : il y a deux ans, elle pointait en ..16’46 » sur 5000 m ! Comme le décortique notre confrère Arnaud Laviolette chez Ouest-France , cette progression est d’autant plus dérangeante que sa dauphine, qui provient du même « team »  semble connaître le même type de progrès supersoniques et inexplicables par un simple entraînement bien construit…

Jusqu’où ? …

Alors jusqu’ou vont aller ces nouvelles coureuses dont l’arrivée au plus haut niveau pose de nombreuses interrogations ? Le record du monde du marathon, détenu par l’anglaise Paula Radcliffe en 2h15 depuis sa course de Londres et jamais approché depuis (deuxième performeuse à 2h18′), devrait être le prochain sur la liste à tomber. On se rappelle que l’anglaise était en son temps une grande pourfendeuse du dopage.

Bref, avec ses performances venues on ne sait trop d’où, ou plutôt dont on préfère ne pas savoir les origines médicales. Les doutes, les suspicions et le manque d’enthousiasme pour les records féminins ne risque pas de s’éteindre.

Ce qui est encore plus dommage pour les athlètes d’élites aux progressions régulières et aux carrières bien construites sur des bases saines qui se voient sans doute priver des victoires et de la reconnaissance qu’elles mériteraient. Bien sûr, la situation n’est pas forcément plus enviable chez les hommes, mais ces derniers épisodes de records féminins douteux nous rappelle une histoire de la course à pied au féminin bien moins glorieuse que les belles figures des Kathy Schwitzer et autres Christelle Daunay. Alors même que la pratique se féminise de plus en plus, mais bien loin de ces performances surhumaines.

Cet article vous fait réagir? Laissez un commentaire: