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26 septembre 2017

Etienne Gailly, le soldat du marathon. (Un coureur, un destin, épisode 4)

Certains coureurs marquent l’histoire par un palmarès immense. D’autres restent dans la mémoire du sport grâce à un seul fait d’arme, une image particulièrement marquante. Le belge Étienne Gailly, dont la terrible défaillance dans les ultimes mètres du marathon olympique de 1948 a écrit la légende, est de ceux-là.

Etienne Gailly (D.R)

 

… Et pourtant, le reste de la vie d’Etienne Gailly mérite sans doute de rester également pour la postérité. Ce militaire belge a plus d’une fois fait preuve de sang froid et son destin fut sans doute aussi tragique que son arrivée légendaire.

 

De grandes qualités d’endurance

Né en 1922, il débute la course à 16 ans. Son entraîneur, Marcel Alavoine, décèle en lui de grandes qualités d’endurance. Néanmoins, sa carrière sportive se voit dans un premier temps interrompue par la guerre.

L’athlète au repos (DR)

Engagé dans les parachutistes, Etienne Gailly sera un combattant actif et participera, aux côtés des forces alliées, à la libération de son pays en 1944. Il ressort de la guerre très marqué par l’état de son pays, ce qui le motive à reprendre l’entraînement avec plus de vigueur. Son nouvel objectif, défini en accord avec son entraîneur : ramener une médaille aux jeux olympiques, sur marathon.

 

Néophyte olympique

En 1947, il fait ainsi ses débuts sur ce qui est à l’époque considéré comme les “très longues distances” dans le milieu athlétique. Il remporte le championnat national de “grand fond”, disputé cette année-là sur 32 kilomètres. Si il réédite sa performance l’année suivante pour se qualifier aux JO, il n’en reste pas moins un néophyte sur 42,195 kilomètres lorsqu’il se présente au départ à Londres.

 

Les plans d’Etienne et de son coach sont pourtant clairs : ne pas tenir compte des autres coureurs et se baser sur un plan de marche amenant à 2h30. Le soldat l’applique à la lettre. A sa grande surprise, il se retrouve vite en tête de ce premier marathon olympique de l’après-guerre. Il fait chaud et humide cet après-midi là sur Londres, ses concurrents sont prudents.

https://www.youtube.com/watch?v=62W4s0MpETc


Après le 30e kilomètres, le favori coréen Yun-Chill, alors recordman du monde en 2h25’, rattrappe notre belge. Les argentins Cabrera et Guinez également, ainsi que l’anglais Richards. Gailly ne tente pas d’accrocher les wagons. Il se contente de maintenir son allure, de respecter son plan de marche.

Etienne Gailly mène dans les rues de Londres.

Et ça fonctionne : il repasse un à un ses concurrents et reprend la tête. A l’entrée du stade, son avance semble suffisante : il va gagner son pari, et la médaille d’or. Mais le froid le saisit dans le tunnel qui mène à la piste. Ce brusque changement de température lui provoque un soudain malaise.

 

Il pénètre sur la piste en titubant. Encore 400 mètres à parcourir. Un vrai calvaire. “Je n’avais plus la force de combattre” expliquera le parachutiste. L’argentin Cabrera le double, suivi un peu plus tard par le gallois Richards. Mais la foule n’a d’yeux que pour Gailly, qui peine à tenir debout.

Le héros des jeux

Il est devenu le héros de ce jeux. La fin de l’histoire reste belle car il parvient tout de même à franchir la ligne d’arrivée à la troisième place.

Qu’est il arrivé à Étienne, qui semblait tenir sa victoire ? D’après son entraîneur, c’est la chaleur associée à l’embrocation dont s’était “tartiné” l’athlète avant la course qui a provoqué cette défaillance. Ils avaient prévus la pluie et elle n’est pas arrivée.

 

La défaillance spectaculaire n’a pas eu de conséquences sur la santé du belge. Il accumule même de bonnes performances ensuite. Une victoire au marathon de Rome, en 2h35, puis une 7e place, toujours dans les mêmes eaux chronométriques aux championnats d’Europe en 1950.

Une carrière brisée par une mine!

Gailly semble bien armé pour le marathon des Jeux Olympiques de 1952. Mais le destin en décidera autrement. Toujours militaire, il sert l’année suivante en Corée et se blesse gravement en sautant sur une mine. Ses jambes sont très touchées. Malgré son acharnement, il tente de s’entraîner en béquilles à la stupéfaction des médecins, il ne pourra plus jamais courir de façon compétitive.

Etienne Gailly, soldat avant tout, ici pendant la guerre de Corée où il fut blessé.

Néanmoins, Étienne Gailly continuera à servir dans l’armée, notamment au Congo.

C’est cependant en Belgique, en traversant banalement une rue, qu’il trouvera accidentellement la mort, renversé par une voiture. Il n’avait que 48 ans.

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