Close

Latest Posts

Stay up to date with all our latest news and launches. Only the best quality makes it onto our blog!

1 décembre 2016

Course à pied : et si les bras ne servaient à rien ?

Lorsque l’on court, ce sont bien sûr les jambes qui assurent la propulsion. Mais l’ensemble du corps ou presque est mis à contribution dans le geste de la course. Prenez les membres supérieurs (autrement dit, les bras) : que doit-on vraiment en faire en courant ?

Si les membres inférieurs jouent bien entendu le rôle principal, il est presque communément admis que le reste du corps doit aussi contribuer à la bonne efficacité de la foulée. Les bras notamment doivent participer à l’action de la course. Mais comment les utiliser au mieux afin de garantir une bonne économie de course et une aide à la propulsion? Plusieurs écoles s’opposent.

Bras et course à pied

On peut aussi se servir des bras en signe de victoire, parfois! (ici Abebe Bikila en 1964) DR

Eviter les mouvements parasites !

Dans les années soixante déjà, les deux grands entraîneurs océaniens, Percy Cerruti et Arthur Lydiard, s’opposaient sur l’importance, pour un bon coureur, de posséder une bonne musculature sur le haut du corps et notamment sur les bras. Pour le premier cité, la force venait du ventre, principalement, et du haut du corps, qui devait garantir une parfaite posture à l’athlète. Pour le second, la puissance des bras n’était pas importante. Le coureur devait bien sûr être bien gainé, bien aligné, mais c’était tout. Le mouvement des bras lui semblait très secondaire.

Bras course à pied

Les bras doivent rester dans l’axe de la course (photo Kalenji)

Bien sûr, ils s’accordaient, tout comme l’ensemble des entraîneurs, sur une chose : les mouvements parasites doivent être évités. Balancements intempestifs sur les côtés, mouvement excessif, roulements d’épaules, tous ces points doivent bien entendu être corrigés. On a certes vu des athlètes de haut-niveau ne pas avoir un style parfait à ce niveau-là.

Actifs ou réduits ?

Mais la question de l’action des bras en course revient périodiquement. En sprint, l’importance des bras est reconnu. Il suffit d’observer les gabarits des spécialistes pour s’en persuader. En course de fond et demi-fond, c’est certes moins net.

Le geste idéal

En général on préconise un mouvement actif et souple, sans tension mais participant au mouvement. Les coudes doivent former un angle entre 60 et 90°, être relativement bas et près du corps, sans l’être trop non plus. Les mains peuvent osciller entre la hauteur des mamelons et celle de la hanche.

Le mouvement doit être actif, coordonné à la foulée. Les bras peuvent, pour certains, dicter le rythme des foulées, notamment lors d’une accélération : vous donner d’abord plus de rythme à vos bras, et les jambes suivront presque naturellement.

De nombreux entraîneurs de haut-niveau semblent aujourd’hui accorder un intérêt particulier aux mouvements des bras. On a ainsi vu souvent l’entraîneur phare de l’Oregon Distance Project, le sulfureux américain Alberto Salazar, donner des consignes à ses coureurs, au bord de la piste, sur le fait de bien veiller au « balancé » de leurs bras et de les garder parfaitement dans l’axe de la course.

Les chinoises aux bras balants

Cependant, tout n’est pas totalement fixé. Ainsi, on a vu encore récemment des athlètes chinoises, très performantes, courir avec les bras ballants. Ils étaient presque fixé le long du corps, avec un balancé très léger. Ma Junren, le plus que controversé coach de l’équipe qui avait bouleversé le demi-fond féminin mondial au début des années 90, déclarait s’inspirer des animaux doués pour la course, notamment les autruches. Or, ces oiseaux fonceurs ne se servent évidemment pas de leurs membres supérieurs pour courir vite! A leur exemple, Ma et d’autres entraîneurs chinois pensaient qu’il fallait donc limiter au maximum le mouvement des bras.

Sun Yingjie a terminé 7e sur 10 000 m aux championnats du monde en 2005. Sa dernière apparition internationale. 

Dernière athlète à utiliser vraiment cette technique, Sun Yingje a tout de même obtenu une médaille de bronze mondiale à Paris, sur 10 000 mètres. Cependant, une récente étude scientifique semble disqualifier ce positionnement en terme d’économie de course. Selon un chercheur, courir les bras le long du corps, ou au-dessus de la tête, ou dans le dos, serait plus coûteux en énergie que de les laisser se balancer naturellement… (les détails sont ici : http://www.bodyscience.fr/)

Galen Rupp : des bras plus fins pour le marathon!

Mais le débat sur l’action des bras n’est sans doute pas clôt pour autant. Ainsi, l’importance de leur rôle semble très différent d’une distance à l’autre. Et leur puissance aussi. Ainsi, Alberto Salazar, dont nous parlions plus haut, qui semble considérer comme très important le bon positionnement et rythme des bras, a complètement changé le travail musculaire du haut du corps de son poulain Galen Rupp en vue de son passage du 10 000 m au marathon.

Rupp semblait en effet trop « musclé », trop puissant des bras pour optimiser son transfert sur la plus longue des distances olympiques. Lui et son célèbre coach ont donc adapté son entraînement pour réduire un peu la charge de musculation au niveau des bras et lui permettre de gagner en légèreté… Au final, une médaille de bronze olympique attendait le néophyte américain sur le marathon dans la chaleur de Rio.

Alors oui, si la pose de pied, l’art et la manière de bien attaquer le sol seront sans doute très longtemps sujets de débat en course à pied, ce que l’on fait du reste du corps, et notamment des bras, le sera aussi!

Cet article vous fait réagir? Laissez un commentaire: