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13 décembre 2016

Les 60 ans du titre olympique d’Alain Mimoun sur Marathon!

Savez-vous de quand date le dernier titre français sur Marathon aux Jeux Olympiques?… Soixante ans pile! En décembre 1956, à Melbourne, Alain Mimoun remportait l’épreuve phare dans la chaleur de l’été austral.

Le coureur français Alain Mimoun court le 5000 mètres au stade Jean Bouin à Paris lors de la journée Léo Lagrange, le 30 septembre 1951 à Paris. French athlete Alain Mimoun runs in the 5,000m at Jean Bouin stadium in Paris, on September 30, 1951.

Alain Mimoun a remporté le marathon olympique en 1956. (Photo DR)

Un Marathon pour l’histoire.

Le marathon des Jeux Olympiques de Melbourne était donc organisé pendant l’été austral, du coup pendant l’hiver européen. Un sacré décalage de calendrier pour les athlètes venus de l’hémisphère nord mais qui était de rigueur alors (on n’a pas observé une telle adaptation lors des jeux de 2000 organisés à Sydney, qui eurent lieux à l’automne, pour des raisons à la fois sportives et économiques). Ce qui explique que l’on fête ce mois-ci les soixante ans de la dernière médaille d’or française aux jeux olympiques sur la distance mythique!

C’était le troisième titre olympique français sur la distance (après la victoire de Michel Théato en 1900 et Mohamed El Ouafi en 1928). Depuis, les français n’ont pas pu ramener une seule médaille sur les 42,195 kilomètres aux Jeux et au vu de la situation actuelle de la discipline en France et sur le plan mondial, on voit mal comment cela serait possible dans les prochaines années (néanmoins en sport, tout peut toujours arriver!).

La consécration d’une carrière exemplaire.

La médaille d’or d’Alain Mimoun ne venait certes pas par hasard. Certes, le coureur du Racing Club de France, basé à Paris, était novice sur marathon, ce qui serait bien entendu impensable aujourd’hui au départ d’une épreuve olympique, mais il se présentait avec les références parmi les plus prestigieuses du peloton engagé.

La carrière du natif d’Algérie (né Ali Ould Kacha Mimoun, en 1921, plus tard converti au catholicisme) est alors déjà longue et très fructueuse. Mimoun découvre en effet le sport en 1940, après avoir combattu sur le front belge. Un premier titre départemental sur 1500 mètres, dans l’Ain. Il reprend ensuite les armes et combattra notamment dans la campagne d’Italie, où il est grièvement blessé. Il sera heureusement bien soigné!

Après la guerre, il se consacre pleinement à la course à pied. Il signe au Racing Club de France et à partir de 1947, domine le demi-fond long français. Mais c’est l’année suivante que le petit coureur au style caractéristique, foulée trotte-menue et très rythmée, commence à frapper les esprits : il prend, derrière le phénoménal tchèque Emile Zatopek, une médaille d’argent sur 10 000 mètres, lors des Jeux Olympiques de Londres.

D’autres suivront, notamment aux championnats d’Europe disputés à Bruxelles en 1950 : Mimoun y récolte encore de l’argent, cette fois sur 5000 et 10 000, toujours derrière Zatopek. Il y devance cependant toutes les autres grandes vedettes de l’époque : Reiff, Siljkhuis, Koskela…Mais reste encore dans l’ombre de la « locomotive humaine ».

Un 5000 m de légende, un marathon pour la revanche.

Deux ans plus tard, il répète sa médaille d’argent sur 10 000 mètres aux J.O. d’Helsinki mais surtout arrache aussi la seconde place du 5000 mètres, toujours derrière le tchèque, dans une course d’anthologie. Le côté tragique de l’épreuve, avec ses nombreux changement de leaders, ses abandons et ses peines, jusqu’à l’estocade finale portée par un Zatopek au sommet de son art, restera à jamais dans la mémoire de l’athlétisme. Emile réalisera d’ailleurs le triplé lors de cette olympiade, puisqu’il remporte aussi le marathon.

Mais quatre ans plus tard, dans la chaleur de l’été de Melbourne, c’est bien Alain Mimoun qui se retrouve seul en tête après le semi-marathon, après avoir répondu à l’attaque de l’américain Kelly. Il tiendra bon pour finir en 2h25 tout rond, loin devant le yougoslave Mihalic et le finlandais Karvonen, qui figuraient parmi les principaux favoris. Zatopek, cette fois-ci, doit s’incliner et se contenter de la 6e place. Il faut dire que Mimoun, discret 12e du 10 000 mètres une semaine avant, avait bien préparé son premier marathon qui devait enfin lui apporter la consécration.

Une vie de coureur

Mais Alain Mimoun, qui voue une passion sans faille pour la course à pied, ne s’arrêtera pas de courir après ce titre. Il remportera encore de nombreux titres nationaux (32 au total, un record, le dernier sur marathon en 1966), puis courra encore et encore. Il détient même toujours certains records de France dans les catégories masters.

En fait, Mimoun courra jusqu’à sa mort, survenue en 2013 à l’âge de 92 ans. Chaque jour, il aimait célébrer par quelques foulées la discipline qui avait à jamais changé sa vie. Une vie de coureur, faite de volonté, de souffrance et de gloire.

Programme d'entrainement marathon

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