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Lasse Viren, deux doublés olympiques (photo DR)

2 mai 2017

4 coureurs qui ont changé l’histoire!

Ils furent des pionniers. Défricheurs de méthodes d’entraînement révolutionnaires, explorateurs de l’effort. Au-delà de leurs réussite sportive, ces grands athlètes ont modifié à jamais la façon d’envisager la course à pied.

1. Paavo Nurmi.

Paavo Nurmi, une des premières légendes de l'athlètisme.

Paavo Nurmi, une des premières légendes de l’athlètisme.

Le premier « dieu du stade » fut le grand coureur des années vingt. Ce fut sans doute lui qui fit passer la course de demi-fond à l’âge adulte.
Repéré pour ses capacités d’endurance hors normes dès son enfance, puis lors de son service militaire, le jeune Paavo, né à Turku et de nature introvertie, va vite se passionner pour la course.

 

 

Il s’inspire des principes érigés par ses glorieux prédécesseurs, les frères Kolehmainen, pour bâtir une condition qui le fera améliorer 22 records du monde et conquérir de nombreux titres olympiques. Il fut ainsi la star des Jeux de Paris en 1924, où il accomplit notamment l’exploit de remporter le 1500 et 5000 mètres à 45 minutes d’intervalle !
Son apport ? Des longues courses matinales accomplies à allure souple, des accélérations au train et au sprint, de la marche pour se bâtir une endurance à toute épreuve et accélérer quand il le faut. Le fartleck, qui sera plus systématisé avec les suédois Goesta Ollander et Gunder Haeg, est déjà là. Le kilomètrage est trois fois plus élevé que celui accompli par la plupart de ses rivaux de l’époque.
Sur la piste, Nurmi est très précis dans ses allures et opte pour une tactique basée sur la régularité. « La course à pied c’est de la mathématique. » déclarait il. Il ne courait pas sans son chronomètre, son juge de paix. Cela a marqué des générations de coureurs.

Tout comme son autre principe : « Un coureur doit toujours vivre et se sentir pauvre. » qui sonne comme la profession de foi des coureurs investis dans une discipline exigeante et dépouillée.

2. Rudolf Harbig.

Pour Rudolf Harbig et son entraîneur, le docteur Gerschler, la course à pied, c’est effectivement des maths. De la physiologie appliquée aussi.
Pour améliorer le volume d’éjection systolique, et ainsi faire que le cœur puisse apporter plus de sang aux muscles et aux poumons, Gerschler pense que le travail de répétition d’effort à intensité relativement élevée, voire très élevée, entrecoupées de temps de repos relatif, est plus efficace. C’est le développement systématique du VO2 max et de la vitesse qui sont les piliers de cette méthode.
Pour mieux contrôler ces paramètres, l’entraînement a lieu intégralement sur piste. Tout est scientifique.
En Harbig, Gerschler trouve un élève plus que performant. Son principal exploit, un 800 m couru en 1’46″6 en 1939, fait passer la distance dans une autre dimension et ouvre une nouvelle ère pour le demi-fond. Il meurt cinq ans plus tard, sur le front de l’est.

Rudolph Harbig, le premier élève de Gershler, recordman du monde du 800 en 1939.

Rudolph Harbig, le premier élève de Gershler, recordman du monde du 800 en 1939.

Et l’entraînement fractionné sera désormais un langage commun aux coureurs du monde entier.

3. Émile Zatopek.

Incontournable, Émile Zatopek. Le grand coureur tchécoslovaque, peut être le coureur le plus légendaire de l’histoire, s’inspire largement des principes de Gerschler. Mais son approche est plus naturelle, plus expérimentale. C’est un autodidacte de l’entraînement et de l’effort.
À ses débuts, il étonne déjà par sa volonté d’enchaîner les séries rapides et les répétitions. « Si je cours 100 mètres, c’est court. Mais si je cours 10x100m, cela fait déjà un kilomètre couru rapidement » , déclarait-il. Courir vite, mais courir longtemps. Zatopek va pousser ce principe à fond.
Dans ses meilleures années, il est capable de s’infliger des séances de 60x400m, courus au sprint, entrecoupés de 400 m au trot. Un marathon par jour en fractionné ! Malgré la dureté physique et nerveuse d’un tel entraînement, il ne se blesse guère et est au top de sa forme. Les records du monde s’enchaînent.
Surtout, son triplé aux Jeux Olympiques de 1952, où il remporte le 5000, le 10 000 m et le marathon au cours d’une semaine folle, s’inscrit à jamais dans la légende du sport.
Zatopek inspirera bien sûr de nombreux successeurs. Vladimir Kuts, le soviétique qui lui succède sur les tablettes du 5 et 10 000 mètres, va pousser sans doute encore un peu plus loin la méthode. Ensuite, même si le principe de l’entraînement fractionné très poussé se poursuivra au plus haut niveau, on aura tendance à mettre de l’eau dans le vin de ce côté là, sans doute aussi pour préserver la santé physique et nerveuse des athlètes à long terme et de varier un peu les plaisirs! (même si Zatopek fractionnait aussi en nature!).

 

4. Lasse Viren

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Le finlandais rejoint, dans les années 70, Nurmi, Zatopek et Kuts dans la légende, en réalisant deux doublés 5000/10 000 m en 1972 et en 1976 aux Jeux Olympique.
Le finlandais symbolise aussi le renouveau de la discipline dans son pays, qui avait régné sur les courses de fond jusqu’aux années 50. Le passage en Finlande du grand entraîneur Néo-zélandais Arthur Lydiard, inventeur du « marathon training system » basé sur un kilomètrage de 100 miles par semaine et un travail de qualité, n’est sans doute pas étranger à cette nouvelle réussite.
Mais Viren et son coach Aiskola poussent la méthode plus loin : le kilomètrage est long, plus de 250 kilomètres par semaine, et les séances de fractionnés sont dures. 20 x 200 courus très vite, par exemple, ce qui permettra au finlandais de planter des accélérations fatales lors de ses courses olympiques.
Lasse Viren se distingue aussi par sa capacité à préparer un objectif, puisque en dehors de ses succès aux JO, il est assez discret et se prépare uniquement pour l’objectif final. Ses stages au Kenya sont aussi précurseurs. En 1980, après des années compliquées, il frôle encore l’exploit aux Jeux de Moscou où il est dans le coup jusque dans le dernier tour du 10 000 m.

Pour être tout à fait complet, Viren fut soupçonné d’utiliser l’auto-transfusion, une méthode de dopage sanguin qui n’était pas encore interdite à l’époque…

 

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